| |
Thèses soutenues
|
|
Thèses soutenues en 2008
* Damien CHAUSSENDE a soutenu le 29 novembre 2008 sa thèse de doctorat en Sorbonne, salle Gaston Paris. En voici le résumé :
Légitimation du pouvoir politique en Chine au IIIe siècle de notre ère : La fondation de la dynastie des Jin
L’objectif de la présente thèse est de comprendre les éléments qui fondent la légitimité politique en Chine au IIIe siècle de notre ère à travers l’étude d’un cas précis : l’installation au pouvoir du clan des Sima dans l’État de Wei, à l’époque des Trois royaumes, et la fondation de leur dynastie, les Jin, en 266. Le premier chapitre de la thèse est consacré aux sources de nos connaissances sur la période étudiée. Le double processus de prise du pouvoir et de légitimation est ensuite analysé en quatre volets correspondant aux éléments sur lesquels les Sima s’appuyèrent : leur position familiale, le contexte politique et idéologique qui leur était favorable, l’existence d’un modèle efficace de changement dynastique, et les réformes engagées après la naissance des Jin. Le processus d’accès au pouvoir et de fondation dynastique fut long, difficile, et parfois hasardeux. Chaque étape, chaque difficulté, chaque pas vers le pouvoir suprême furent justifiés par les Sima de manière toujours circonstanciée, dans le but de désamorcer d’éventuelles contestations, établissant ainsi les bases de leur légitimité. Les Sima sont parvenus in fine à gagner la qualité d’empereurs légitimes en s’installant sur le trône et en s’empressant de rentrer dans le système qu’ils venaient eux-mêmes d’enfreindre. Tout au long du processus, ils s’efforcèrent de montrer qu’il n’y avait pas de transgression dans les règles de dévolution du pouvoir en privilégiant celles qui leur étaient favorables, mais ils s’appuyèrent aussi sur leur immense succès militaire : la réunification de la Chine, alors morcelée depuis presque un siècle.
Composition du jury :
Madame Catherine DESPEUX, Professeur des universités, INALCO (Directeur de thèse) ;
Monsieur Keith KNAPP, Professeur, Université Citadel ;
Monsieur François MACÉ, Professeur des universités, INALCO (Président de jury) ;
Monsieur François MARTIN, Directeur d’études, EPHE ;
Monsieur Nicolas ZUFFEREY, Professeur, Université de Genève.
* Marie BIZAIS a soutenu le 30 juin 2008 sa thèse de doctorat dans les salons de l’INALO dont voici le résumé :
Pensée de la forme/Forme de la pensée dans le Wenxin diaolong (Esprit de littérature) du poéticien chinois LIU Xie (ca. 465-521)
Cette étude du premier et unique traité sur la littérature de l’histoire de la Chine classique composé autour de 500 montre comment son auteur Liu Xie concevait ce que l’on désigne couramment comme genre, style et écriture d’auteur. Le chapitre 1 pose les fondements. Il revient sur la discussion de l’ordre des chapitres en reprenant la question à sa source, à partir des différentes éditions qui nous sont parvenues. Il dégage ainsi une architecture d’ensemble du livre. Dans cette structure, quatre chapitres traitent des questions de forme. Les deux premiers sont l’objet d’étude du chapitre 2 : « Tixing » 體性 (Corps et nature) et « Fenggu » 風骨 (Vent et ossature). Le corpus est introduit, traduit et annoté. Le commentaire qui suit porte sur les concepts-clés de ces textes. La prise en compte de la catachrèse et de la syllepse révèlent que le corps littéraire est à la fois normatif et individuel, que l’ossature est une tension structurante et que le vent désigne un rythme qui communique l’émotion. Enfin, le chapitre 3 relie théorie et pratique. Il relie le genre décrit dans le chapitre « Songzan » 頌讚 (Eloge et Célébration) avec les composées par Liu Xie lui-même. Le chapitre est traduit, puis commenté. Les prescriptions de Liu Xie sont enfin considérées dans une confrontation avec les célébrations qui closent chacun des chapitres du traité. Cette étude ouvre donc la réflexion sur l’établissement d’un discours normatif ainsi que sur les questions théoriques concernant l’individualité d’une écriture qui continuent d’intéresser les spécialistes de la littérature.
| |